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Les medias et leurs messages

Liberté de la presse, journaux, radio et télévision L’américain moyen, d’après une récente étude, passe environ huit heures par jour avec les médias imprimés et électroniques –à domicile, au travail et lors de déplacement en voiture. Ce total inclut quatre heures à regarder la télévision, trois heures à écouter la radio, une demi-heure à écouter de la musique enregistrée et une autre demi-heure à lire le journal.

Le rôle principal de l’information dans la société américaine ramène la conversation sur une conviction fondamentale exprimée par les rédacteurs de la Constitution des Etats-Unis : qu’un peuple bien informé est le gardien le plus solide de ses propres libertés ; les rédacteurs incorporèrent cette présomption là au premier amendement à la constitution qui stipule en partie que « le congrès est tenu de ne pas faire de loi… abrégeant la liberté d’expression ou la liberté de presse. » Un corollaire à cette clause est que la presse fonctionne comme un chien de garde veillant sur les actions du gouvernement et appelle l’attention sur les méfaits commis dans l’exercice des fonctions et sur les violations des droits de l’individu.

Le premier amendement et la philosophie politique qui s’ensuit ont permis aux média américains une liberté extraordinaire dans le traitement des informations et l’expression d’opinions. Dans les années 1970, des reporters américains mirent à découvert le scandale du Watergate qui s’acheva avec la démission du Président Richard Nixon, et des journaux américains imprimèrent les « dossiers du Pentagone » classés documents relatifs à l’implication des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam. Les rapports de presse sur la corruption commise dans l’exercice de fonctions, qui dans certains pays causeraient des arrestations et la fermeture des journaux sont faits librement aux Etats-Unis, où les médias ne peuvent pas être fermés, où le gouvernement lui-même ne peut être diffamé et où les autorités publiques doivent prouver qu’une déclaration est non seulement fausse mais a été faite dans une intention réelle des nuire avant qu’elles ne puissent parler de dommages causés à leur encontre.

Les journaux : faisant office de pionniers à la liberté de presse

En 1990, la presse célébra son 300è anniversaire en tant qu’institution américaine. Le premier journal dans les colonies, « Evénements publics : à la fois étrangers et locaux » dura seulement un jour en 1690 avant que les autorités britanniques ne le supprimât. Mais d’autres journaux sortirent et vers les années 1730, la presse coloniale fut suffisamment forte pour critiquer les gouverneurs britanniques. En 1734, le gouverneur de New York accusa John Peter Zenger propriétaire du « Journal Hebdomadaire de new York », de diffamation séditieuse. L’avocat de Zenger, Alexander Hamilton, soutint que « la vérité des faits » était une raison suffisante pour imprimer une histoire. Dans une décision appuyant la liberté de la presse, les jurés acquittèrent Zenger.

Dès les années 1920 environ 25 quotidiens et plus de 400 hebdomadaires furent publiés aux Etats-Unis. Horace Greeley fonda le New York Tribune en 1941, et celui-ci devint rapidement le journal le plus influent de la nation. Deux géants des médias, Joseph Pulitzer et Willian Randolph Hearst, commencèrent à construire leurs empires dans les journaux après la guerre civile américaine. Apparemment compétitifs, ils eurent recours au « journalisme jaune » -reportages à sensations et souvent inexacts visant à attirer des lecteurs- au début du 20 è siècle, des rédacteurs en chef de journaux prirent conscience que la meilleure façon d’attirer des lecteurs était de leur donner tous les aspects d’une histoire sans partialité.

Ce norme de reportage objectif est aujourd’hui une des plus importantes traditions dans le journalisme américain. Un autre trait dominant du journalisme du début du 20è siècle fut la création de chaînes de journaux opérant sous la direction du même propriétaire, conduite par un groupe appartenant à Hearst. Cette tendance s’accéléra après la seconde guerre mondiale, et aujourd’hui environ 75% de tous les quotidiens des Etats-Unis sont la propriété de chaînes de journaux.

Avec l’avènement de la télévision dans les années 1940 et 1950, le nouveau moyen électronique entama les tirages des journaux : des lecteurs eurent tendance à faire l’impasse sur le journal de l’après midi parce qu’ils pouvaient regarder les nouvelles du jour à la télévision. En 1971, 66 grandes villes eurent 2 ou davantage de quotidiens, un habituellement publié le matin et un l’après midi. En 1995, seuls 36 villes eurent 2 ou davantage de quotidiens.

Dan l’ensemble, le nombre de quotidiens baissa seulement légèrement, de 1763 en 1946 à 1534 en 1994, et le nombre de journaux du dimanche augmenta de 497 en 1946 à 889 en 1994. Au total cela représente le nombre le plus élevé de journaux avec le tirage total le plus élevé – 135 millions- dans le monde.

Néanmoins, les plus grands journaux des Etats-Unis ont perdu leur tirage au cours des récentes années, une tendance qui peut être attribuée à la mise à disposition croissante des informations télévisées et celles provenant d’autres sources.

Les 5 quotidiens de tête par leurs tirages en 1995 furent le « Wall Street Journal », « USA Today », « le New York Time », « le Los Angeles Time », « le Washington post ». Le plus jeune des 5, le USA Today fut lancé en tant que journal national en 1982, après une étude exhaustive par la chaîne Gannett. Elle compte sur une conception graphique hardie, des photos en couleur et des articles brefs pour attirer un public de lecteurs urbains intéressés par de nouvelles « touches » plutôt que par de plus longues histoires comme de coutume.

La nouvelle technologie a rendu « USA today » possible et est en train de permettre à d’autres journaux d’élargir leurs lecteurs nationaux et internationaux. USA today est rédigé et composé à Alington, en Virginie, puis transmis par satellite à 32 imprimeries à travers le pays et 2 imprimeries servant l’Europe et l’Asie. Le International Herald Tribune, propriété commune de New York time et de Washington Post, est un journal planétaire imprimé par satellite dans 11 grandes villes du monde est distribué dans 164 pays.

En 1992, le Chicago Sun Times, commença à offrir des articles par l’intermédiaire de « l’Amérique en ligne », une des premières firmes qui connectèrent les ordinateurs personnels à l’internet. En 1993, le San Jose Mercury News commença à distribuer la plupart de ses textes, ses épreuves négatives de photos et ses illustrations aux abonnés à Amérique en ligne, en 1995, 8 sociétés de presse annoncèrent la fondation d’une société pour créer un réseau de journaux en ligne. A présent, la plupart des journaux américains sont disponibles sur internet, et n’importe qui ayant un ordinateur personnel et une connexion internet peut lire les journaux édités à travers le pays dans sa propre maison ou au bureau .

Niche de magazines

Les premiers magazines américains apparurent un demi siècle après les premiers journaux et prirent plus de temps à atteindre un large public de lecteurs. En 1893, les premiers magazines à grand tirage furent introduits, et en 1923 Henry Luce lança « Time », le premier magazine d’information hebdomadaire. L’arrivée de la télévision entama les revenus publicitaires dont jouissaient les magazines à grand tirage, et quelques magazines hebdomadaires cessèrent leurs activités. Par la suite, The Saturday evening post en 1969, Look en 1971 et Life en 1972 (The Saturday evening post et life réapparurent plus tard sous forme de magazines mensuels)

Les propriétaires de magazines réagirent en essayant de faire davantage appel à un public de lecteurs soigneusement définis qu’à un public en général. Des magazines sur- virtuellement n’importe quel thème imaginable sont apparus, incluant tennis, trainer life, et model railroading (modèle réduit de train). D’autres magazines ont ciblé des éléments au sein de leur public de lecteurs pour une attention particulière. « TV guide », « time », « newsweek », par exemple, publient des éditions régionales. Plusieurs magazines tendent de personnaliser le contenu de chaque numéro selon les intérêts d’un lecteur en particulier.

Cette spécialisation a apporté une progression constante quant au nombre de magazines publiés aux Etats-Unis, de 6960 en 1970 à 11000 en 1994. Plus de 50 magazines eurent un tirage de plus de 1 million en 1994. Les deux magazines en tête, en matière de tirage étaient tous deux destinés aux retraités : « NRTS/ AARP Bulletin » et modern maturity. Fermant le cercle des 5 premiers figurent le Reader’s digest, le TV guide et le national geographic. En 1993, le Time devint le premier magazine à offrir une édition en ligne que les abonnés peuvent consulter sur leurs ordinateurs avant qu’elle n’atteigne les kiosques. En 1996, le Magnat de software Bill Gates fit démarrer « slate , magazine couvrant la politique et la culture qui fut conçu pour être disponible exclusivement en ligne (le propriétaire de slate décida bientôt d’ajouter une version imprimée)

Entre temps, un nouvel hybride mi-journal mi-magazine devint populaire à partir des années 1970 : la lettre d’informations. Imprimé sur du papier peu coûteux et souvent pas plus long que 4 ou 6 pages, la lettre d’informations typique paraît sous forme hebdomadaire ou bi -hebdomadaire. Les lettres d’informations recueillent et analysent l’information sur des thèmes spécialisés. « Southern Political Report » (Compte-rendu politique du Sud), par exemple, couvre les compétitions électorales dans le sud des Etats-Unis, et « FTC Watch » couvre les actions de la Commission Fédérale du commerce. Les lettres d’informations peuvent être le produit de petits personnels, parfois seulement un simple reporter qui produit le numéro par ordinateur.

La lettre d’information a été rejointe par le «zine » un magazine hautement personnalisé d’un tirage relativement réduit, avec parfois un contenu destiné à choquer. « Afraid » par exemple, est un zine mensuel consacré aux histoires d’épouvantes.

Le rôle de la radio

Le début des émissions de radio commerciales en 1920 apporta une nouvelle source d’information et de loisir directement dans les foyers américains. Le Président Franklin Roosevelt comprit l’utilité de la radio comme moyen de communication : Ses bavardages au coin du feu permirent à la nation de suivre les progrès économiques durant la crise et les progressions de manœuvres militaires durant la seconde guerre mondiale.

La disponibilité étendue de la télévision après la seconde guerre mondiale amena les cadres de la radio à repenser leur programmation. La radio put à peine rivaliser avec la présentation visuelle du théâtre, de la comédie et des numéros de variétés, beaucoup de stations de radio se tournèrent vers un format de musique enregistrée alliée à des informations et à de grands reportages. A partir des années 1950, les radios devinrent des accessoires standard dans les voitures américaines. Le moyen jouit d’une renaissance quand les américains qui faisaient la navette entre leurs résidences et leurs lieux de travail allumèrent leur autoradio sur le chemin du travail.

L’expansion de la radio FM qui a une meilleure qualité de son mais une gamme de signaux plus limitées que l’AM conduisirent à une rupture dans la programmation radio au cours des années 1970 et 1980. La FM en vint à dominer le côté musical de la programmation, alors que l’AM se tourna principalement vers les formats informations et causeries.

A peine née 25 ans auparavant, la radio avec des émissions de causeries, met en présence un présentateur, une célébrité ou un expert en certain sujet et l’opportunité pour les auditeurs d’appeler et de poser des questions ou d’exprimer des opinions sur les ondes. Le format appel entrant est maintenant entendu sur presque mille des dix mille stations de radio commerciales des Etats-Unis.

Malgré l’importance de la télévision, la portée de la radio est toujours impressionnante. En 1994, 99% des ménages américains possédèrent au moins une radio avec une moyenne de 5 par ménage. En supplément des 10000 stations de radio commerciales, les Etats-Unis possèdent plus de 1400 stations de radio publiques. La majorité d’entre elles sont sous la direction d’universités et d’autres institutions publiques à vocation éducatives et sont financées par des fonds publics et des donations privées. En 1991, plus de 12 millions d’américains étaient chaque semaine à l’écoute de 430 stations de radio affiliées à la radio publique nationale, une organisation à but non lucratif de dimension nationale dont le siège se trouvait à Washington.

La télévision : au-delà des trois grands

Depuis la seconde guerre mondiale la télévision s’est développée en devenant le moyen visuel le plus populaire des Etats-Unis, avec une énorme influence sur les élections du pays et la manière de vivre. Virtuellement chaque foyer américain (97 millions d’entre eux en 1994) possède au moins un poste téléviseur, et 65 % en possède deux ou davantage.

Trois réseaux appartenant à des privés qui offrent une programmation gratuite financée par des émissions publicitaires (NBC, CBS, ABC) contrôlèrent 90% du marché télévisuel à partir des années 1950 jusqu’aux années 1970. Au cours des années 1980, l’expansion rapide de la télévision sur le câble payant transmis par satellite sapa cette position privilégiée. Dès 1994, presque 60% des ménages américains s’étaient abonnés à la TV sur câble, et la programmation sans réseaux attira plus de 30% des téléspectateurs. Parmi les nouvelles chaînes sur câble figurèrent plusieurs qui passaient des films 24 heures sur 24, câble News Network, la création de Ted Turner qui diffuse des informations 24 heures sur 24, et MTV qui passe des vidéos musicales.

Entre temps, un quatrième réseau commercial majeur, Fox, a vu le jour et défia les trois grands réseaux, plusieurs stations TV locales ont mis fin à leur affiliation à l’un des trois grands pour la transférer au nouveau venu. Deux réseaux nationaux de plus – WB et UPN sont aussi arrivés, et le nombre de chaînes de télévision sur câble continue à s’étendre

Il y a 335 stations de télévision publiques à travers les Etats-Unis, chacune d’elles est indépendante et sert les intérêts de la communauté. Mais les stations sont unies par des entités nationales comme le public Broadcasting service (=service de programmes télévisés public) qui fournit la programmation. Les contribuables américains subviennent en partie au financement de la télévision publique qui est regardée par des téléspectateurs évalués à 87 millions par semaine. Parmi les programmes les plus populaires figure « sesame Street » un spectacle pour enfants consacré à l’apprentissage à la lecture et les maths par l’utilisation de marionnettes, de dessins animés, de chansons et de scènes de comédie.

A partir de la fin des années 1970, les sociétés sur câble des Etats-Unis ont offert des services à des éléments sélectionnés de la population. Les programmes diffusés par le « Silent Network » arrivent avec un langage des signes et des sous – titrages destinés au public de malentendants du réseau. En 1988, Christopher Whittle fonda le réseau « Channel One Cable » qui fournit une programmation éducative (avec des émissions publicitaires) à environ 40% des élèves de lycée américains. Par ailleurs, la convergence de l’ordinateur, de la télévision et des fibres optiques a augmenté la possibilité d’une TV interactive qui pourrait permettre aux téléspectateurs de sélectionner des programmes spécifiques qu’ils souhaitent regarder à des heures de leurs choix.

Les problèmes d’actualité

Beaucoup d’américains sont perturbés par la vague de violence que leurs enfants voient à la télévision. En réponse aux plaintes émises par les citoyens et à la pression de la part du Congrès, les 4 plus grands réseaux TV (ABC,CBS ?NBC et Fox ) se mirent d’accord en 1993 pour informer les parents du contenu présentant de la violence, au début d’un programme et les réseaux sur câble ont accepté de donner des avertissements similaires. En 1996, les réseaux commerciaux et sur câble en vinrent à une mesure supplémentaire et élaborèrent un système d’évaluation, basé sur la somme de violence, le contenu sexuel et/ ou le langage profane qu’un programme contient. Un symbole indiquant l’évaluation du spectacle apparaît sur l’écran de télévision au début et de façon intermittente durant l’émission.

De telles mesures volontaires semblent préférables au règlement sur le contenu de la programmation instituée par le gouvernement qui pourrait probablement violer le premier amendement. Une autre solution possible au problème est d’ordre technologique. A partir de 1998, les nouveaux postes téléviseurs achetés aux Etats-Unis sont équipés d’une « puce-V », un dispositif qui permet aux parents de bloquer des programmes que les enfants feraient mieux de ne pas regarder.

Des plaintes similaires ont été émises à propos des mots et des images accessibles sur ordinateurs. Récemment le Congrès vota une loi essayant d’empêcher un langage ou des images indécentes d’être transmis à travers un espace cyber mais un tribunal fédéral la frappa d’inconstitutionnalité. Si ce problème, a une solution, celle-ci réside probablement dans une supervision étroite de la part des parents du temps passé par les enfants devant l’ordinateur ou le développement d’une barrière technologique à l’utilisation de certaines fonctions d’ordinateurs.

L’un des problèmes liés aux médias les plus discutés auxquels les américains font face aujourd’hui a peu à voir avec la technologie et concerne beaucoup plus le concept intemporel de la vie privée : si un quelconque domaine de la vie d’une personne devrait rester consigné une fois qu’elle devient une figure publique. En 1988, un important candidat aux présidentielles, le Sénateur Gary Hart, se retira de la course à la suite de la révélation par la presse de sa liaison avec une jeune femme. Des politiciens issus des deux partis se plaignent que la presse est « sur leur dos » et quelques membres conservateurs du congrès affirment que les médias se penchent en faveur des libéraux. Beaucoup de critiques croient que cette tendance croissante des médias à fourrer leur nez partout ne peut que décourager les gens capables, sans considérations aucunes de leurs croyances, à entrer dans la politique.

D’autre part, autrefois les reporters conspirèrent virtuellement avec les politiciens pour empêcher le public de connaître les faiblesses personnelles. L’infirmité du Président Franklin Roosevelt ne fut ni mentionné ni photographiée et sa mauvaise santé physique fut cachée à l’électorat quand il brigua un quatrième mandat en 1944.Une majorité de votants aurait pu choisir Roosevelt de toute façon, mais masquer les faits à leurs regards semble malhonnête pour la plupart des américains d’aujourd’hui qui croient que dans une démocratie, il est préférable de partager des informations plutôt que de les supprimer.



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