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Histoire de l’immigration - The « Golden Door » - La porte d’Or

Parmi les premiers colons de la nouvelle terre qui devint les Etats-Unis, les anglais furent le groupe ethnique dominant, et l’anglais devint la langue prédominante en Amérique. Les peuples d’autres nationalités ne mirent pas beaucoup de temps à suivre l’exemple des anglais et immigrèrent en grand nombre aux Etats-Unis.

En 1776, Thomas Paine, un porte parole de la cause révolutionnaire dans les colonies et lui-même originaire de l’Angleterre, écrivit que l’Europe et non l’Angleterre est la mère de l’Amérique. Ces mots décrivirent la composition ethnique des colons qui étaient originaires non seulement de Grande Bretagne, mais aussi des autres pays européens, comme l’Espagne, le Portugal, la France, la Hollande, l’Allemagne et la Suède. Néanmoins, en 1780 trois sur quatre américains furent d’origine anglaise pure irlandaise. Entre 1840 et 1860, les Etats-Unis reçurent leur première grande vague d’immigrants. En effet, à cette époque, la situation n’était pas florissante dans l’ensemble de l’Europe : famine, récoltes médiocres alliées à un accroissement rapide de la population, troubles politiques Tout ceci incita quelques cinq millions par an de personnes originaires de l’Europe à quitter leurs patries. En Irlande, par exemple, une maladie de brunissure attaqua la récolte de pommes de terre, et plus de 750 000 personnes moururent de faim, beaucoup de survivants émigrèrent aux Etats-Unis. En une seule année, en 1847, le nombre d’immigrants irlandais vers les Etats-Unis atteignit 118 120. De nos jours on recense environ trente neuf millions d’américains d’origine irlandaise.

 

La faillite de la révolution de 1848-1849 de la confédération germanique favorisa l’émigration d’une grande partie de sa population. Durant la guerre civile américaine (1861-1865), le gouvernement fédéral réussit à remplir la liste de troupes en encourageant l’émigration à partir de l’Europe, particulièrement à partir des Etats allemands. En retour des services rendus dans l’armée de l’Union, les immigrants se virent offrir des surfaces de terres en guise de primes. Vers 1865, environ un sur cinq soldats de l’Union était un immigrant en temps de guerre. Aujourd’hui, 22 pour cent des Américains ont des ancêtres germaniques.

Les juifs vinrent aux Etats-Unis en grands nombres à partir d’environ 1880, décennie au cours de laquelle ils subirent de violents pogroms en Europe de l’Est. Durant les 45 années qui suivent, 2 millions de Juifs se déplacèrent vers les Etats-Unis. Actuellement, la population de Juifs américains se compte à plus de cinq millions.

A la fin du 19e siècle, un si grand nombre de personnes entrèrent aux Etats-Unis que le gouvernement mit en service un port d’entrée spécial sur l’Ile d’Ellis dans le port de New York. Entre 1892, année d’ouverture du port et 1954 année où il fut fermé, l’Ile d’Ellis fut la porte d’entrée vers l’Amérique qu’empruntèrent plus de douze millions de personnes. Elle est aujourd’hui préservée comme partie de la Statue de la Liberté, un monument national.

La Statue de la Liberté, oeuvre du sculpteur français Auguste Bartholdi fut offerte aux États-Unis par la France pour commémorer le centenaire de l'indépendance des États-Unis en 1876. Elle fut inaugurée par le président Stephen Grover Cleveland le 28 octobre 1886. Conçue à l'origine comme l'expression d'une amitié internationale et initialement appelée «?La Liberté éclairant le monde?», la statue est devenue un symbole de liberté universel pour des millions d'immigrants aux Etats-Unis. C’est une statue aux dimensions gigantesques (mesurant 93,5 mètres du bas du piédestal à la pointe de la torche, c’est l’une des plus grandes statues du monde) érigée sur Liberty Island, dans le port de New York, elle représente une femme vêtue d'une robe longue et portant une couronne d'épis, qui brandit une torche de la main droite et, de la main gauche, tient un livre intitulé «?4 Juillet 1776?»?; des chaînes brisées à ses pieds symbolisent la défaite de la tyrannie. Pour beaucoup d’immigrants, la Statue de la Liberté, première chose qu’ils voient en abordant les côtes des Etats-Unis, devint la première vision de leur nouvelle patrie. Des mots pleins d’inspiration du poète Emma Lazarus sont gravés sur une plaque à la base de la Statue de la Liberté.

Immigrants contre leur gré

 

Parmi le flot d’immigrants en direction de l’Amérique du Nord, un groupe arriva contre son gré. Ce furent les Africains, 500 000 desquels furent déportés et transportés aux Etats-Unis comme esclaves entre 1619 et 1808, quand l’importation d’esclaves vers les Etats-Unis devint légale. La pratique consistant à posséder des esclaves et leurs descendants continua notamment dans le sud rural, où beaucoup d’ouvriers agricoles furent nécessaires pour les travaux des champs. Le processus d’abolition de l’esclavage débuta en Avril 1861 quand éclata la Guerre Civile américaine entre les Etats libres du Nord et les Etats esclavagistes du Sud dont 11 avaient quitté l’Union. Le 1er Janvier 1863, à mi-chemin de la guerre, le Président Abraham Lincoln publia la Proclamation d’Emancipation qui abolit l’esclavage dans ces Etats là qui avaient fait sécession. L’esclavage fut aboli à travers les Etats Unis avec le vote du treizième Amendement à la Constitution du pays en 1865.

Pourtant, même après l’abolition de l’esclavage, les noirs américains furent entravés par la ségrégation et ne pouvaient jouir que d’une éducation de qualité inférieure. En quête d’opportunités, les afro-américains formèrent une vague d’immigration interne, se déplaçant du Sud rural vers le Nord urbain. Mais beaucoup de noirs des zones urbaines furent incapables de trouver du travail, et selon la loi et les coutumes ils durent vivre séparés des blancs dans des endroits délabrés appelés ghettos.

A la fin des années 50 et au début des années 60, les afro-américains, conduits par le Docteur Martin Luther King, eurent recours aux boycotts, défilés, et à d’aux autres formes de protestation non violente pour revendiquer un traitement égalitaire régi par la loi et une fin au préjugé racial. Ce mouvement en faveur des droits civils et de l'amélioration des conditions de vie des Noirs atteint son summum le 28 Août 1963, quand, lors d’une importante campagne, plus de 200 000 personnes de toutes les races se réunirent devant le Memorial Lincoln à Washington, pour entendre King déclarer : « Je fais un rêve qu’un jour sur les collines rougeoyantes de la Georgie, les fils des premiers esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité… Je fais un rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par l’essence de leur caractère » Peu de temps après, le Congrès des Etats-Unis vota des lois interdisant toute discrimination, sous quelque forme que ce soit : par le vote, l’éducation, l’emploi, le logement et dans les lieux publics. De nos jours, les afro-américains constituent 12,7% de la population totale des Etats-Unis. Au cours des récentes décennies, les noirs ont fait de grands pas en avant, et la classe moyenne noire s’est accrue substantiellement. En 1996, 44 % des travailleurs noirs occupaient des emplois de bureau : postes de direction, professions libérales, et postes administratifs, plutôt que des emplois de service ou ceux nécessitant un travail manuel. Cette même année, 23 % des noirs âgés entre 18 et 24 ans s’inscrivent dans les collèges, contre 15 % en 1983. Pourtant, le revenu moyen des noirs est inférieur à celui des blancs, par ailleurs le taux de chômage chez les noirs, notamment chez les jeunes gens, demeure plus élevé que celui des blancs. Beaucoup de noirs américains sont toujours piégés par la pauvreté en milieu urbain, harcelés par la drogue et le crime. Au cours des dernières années, l’attention s’est quelque peu détournée des débats sur les droits civils. Avec la mise en application des lois anti-discriminatoires et l’accession régulière des noirs à la classe moyenne, la question - qu’elle se pose ou non - sur les effets de la discrimination antérieure, contraint le gouvernement à prendre certaines mesures curatives. Appelées « action affirmative » ces mesures incluent entre autres l’embauche d’un certain nombre de noirs (ou membres d’autres minorités) sur le lieu de travail, l’admission d’un certain nombre d’élèves issus de minorités dans une école, la délimitation d’une circonscription électorale de façon à rendre plus vraisemblable l’élection d’un représentant de minorités. Le débat public sur les besoins, l’efficacité et l’équité de tels programmes devint plus intense dans les années 1990.Dans tous les cas, le plus grand changement perçu au cours des quelques décennies passées réside peut être été dans les attitudes des citoyens blancs d’Amérique. Plus d’une génération a atteint leur majorité depuis le discours « je fais un rêve » de King. Les plus jeunes américains notamment font montre d’un nouveau respect pour toutes les races, et il y a une acceptation croissante des noirs par les blancs dans tous les milieux et les situations sociales.

 

 



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