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USA : Industrie et Syndicats ouvriers

Le style américain de fabrication en série Lorsque le fabricant de voitures américain Henry Ford publia en 1922 son autobiographie intitulée « Ma vie et mon Travail », il utilisa ses têtes de chapitres pour poser une série de questions : « Comment les choses peuvent-elles être fabriquées à peu de frais ? » « Argent : Maître ou Esclave ? » « Pourquoi être pauvre ? » Ce sont justement les questions qui ont fasciné des générations de dirigeants d’industries et des businessmen américains. Beaucoup d’hommes d’affaires ont manifesté beaucoup de dynamisme à trouver des réponses, et ont cherché à fabriquer et à distribuer plus de produits pour moins d’argent et pour de plus grands profits, et ils ont procédé ainsi jusqu’à un point plus que remarquable.

Les nombreuse vagues d’immigration du XIX et du début des XXème siècles ont permis aux Etats-Unis de connaître une augmentation rapide de leur population pendant une période où les affaires et l’industrie se développèrent d’une manière tout aussi rapide. La population grandit suffisamment vite pour fournir un flot régulier de travailleurs, mais pas assez vite pour combler l’économie.

L’expansion de l’industrie a également dû être propulsée par quelque chose dans le caractère des américains : une forte dose d’esprit d’entreprise. Certains ont trouvé l’origine de cette poussée motrice dans la religion : l’éthique puritaine ou protestante qui considère que le dur labeur plait à Dieu. Mais d’autres se sont demandés si la nature impitoyable de quelques hommes d’affaires américains, notamment au cours de l’ère des « barons voleurs » à la fin du XIXème et au début du XXème siècles est compatible avec ce soit-disant profond sentiment religieux.

A la fin du 18e siècle, les fabricants américains adoptèrent un système d’usine qui rassemble beaucoup d’ouvriers dans un seul endroit. A ceci s’ajouta quelque chose de nouveau, le « système américain » de fabrication en série, qui trouva son origine vers dans l’industrie d’armes à feu des années 1800. Ce nouveau système utilisa la mécanique de précision pour transformer la fabrication en montage de pièces interchangeables. Ce système permet une fabrication par étapes du produit final, chaque ouvrier se spécialisant dans une tâche particulière.

La construction de lignes de chemin de fer, débutant dans les années 1830, marqua le départ d’une nouvelle ère. En 1862 le Congrès mit en réserve des terres publiques pour la construction de la première voie ferrée transcontinentale. Les voies ferrées relièrent les zones reculées du pays au marché transcontinental et facilitèrent l’expansion des installations. La construction de la voie ferrée généra aussi des demandes de charbon, de fer et d’acier, de telle sorte que les industries lourdes se répandirent rapidement après la guerre civile.

Une nation industrielle

Le recensement de 1890 fut le premier du genre à faire ressortir que la production des usines des Etats-Unis excéda la production des exploitations agricoles. Par la suite, l’industrie des Etats-Unis traversa une période d’expansion rapide. Vers 1913, plus d’un tiers de la production industrielle mondiale provint des Etats-Unis.

En cette même année, le fabricant d’automobiles Henry Ford introduisit la chaîne de montage mobile, système dans lequel des tapis roulants apportent des pièces détachées de voitures aux ouvriers. En améliorant le rendement, cette innovation rendit possible de grandes économies dans les coûts de main d’œuvre. Cela incita aussi les dirigeants d’industries à étudier et à réviser l’organisation des tâches dans les usines dans le but d’augmenter encore plus le rendement et de diminuer les coûts. Des coûts plus bas permettent d’octroyer à la fois des salaires plus élevés pour les ouvriers et de proposer des prix plus bas aux consommateurs. De plus en plus d’Américains devinrent capables de s’offrir des produits fabriqués dans leur propres pays. Durant la première moitié du XXème siècle, la fabrication en série de produits de consommation tels que les voitures, les réfrigérateurs et les fourneaux de cuisine contribua à révolutionner le mode de vie américain.

La chaîne de montage roulante fut pourtant critiquée pour son effet engourdissant sur les ouvriers, ce qui fut satirisé dans le film de Charlie Chaplin Modern Times (1936). Au cours des années plus récentes, les directeurs d’usines ont redécouvert que la qualité du produit fabriqué est aussi importante que la vitesse et le rendement avec lesquels il est fabriqué, et que des travailleurs qui s’ennuient et qui sont déprimés tendent à produire un travail de qualité inférieure. La chaîne de montage a été modifiée dans plusieurs usines des Etats-Unis, y compris les usines de fabrication d’automobiles où des « cercles de qualité » procèdent désormais au montage d’une voiture entière du début jusqu’à la fin, avec des ouvriers exécutant parfois des taches différentes

Une économie postindustrielle

Ce fut la bonne fortune des Etats-Unis que d’avoir été épargnés par les effets des deux guerres mondiales du XXème siècle et ne pas avoir subi les ruines qu’ont du supporter d’autres européennes et autres. Vers la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, les Etats-Unis avaient la plus grande capacité productive que n’importe quel autre pays du monde, et les mots «fabriqué aux Etats-Unis » furent un cachet de haute qualité.

Le XXème siècle a vu la prospérité et le déclin de plusieurs industries aux Etats-Unis. L’industrie de l’automobile, longtemps point d’appui de l’économie américaine, a dû combattre dur pour relever le défi de la concurrence étrangère. L’industrie de l’habillement a décliné face à la concurrence des pays où la main d’œuvre est meilleur marché. Mais d’autres industries de fabrication sont apparues et prospérèrent notamment les usines de production d’avions, de téléphones cellulaires, de micro puces et de satellites spatiales, de fours à micro ondes et ainsi que d’ordinateurs à grande vitesse…

Beaucoup d’industries actuellement prospères tendent à être hautement automatisées et nécessitent ainsi un nombre plus réduit d’ouvriers que les industries traditionnelles. Comme des industries de pointe se sont développées et des industries plus anciennes ont périclité, la proportion d’ouvriers américains employés dans les usines de fabrication a chuté. Les industries de service dominent actuellement l’économie des Etats-Unis, amenant quelques observateurs qualifier les Etats-Unis de « société postindustrielle ». Vendant des services plutôt que fabriquant des produits, ces industries englobent les industries de divertissements et de loisirs, les hôtels et restaurants, les industries de communication et l’éducation, ainsi que les sociétés opérant dans le secteur bancaire et des finances.

Bien qu’il ait eu des périodes de leur histoire au cours desquelles les Etats-Unis poursuivirent une politique étrangère d’isolationnisme, dans les milieux d’affaires, ils ont généralement été fortement internationalistes. La présence des milieux d’affaires américains a suscité diverses réactions dans le reste du monde. Des gens de certains pays ressentent l’américanisation de leurs cultures, d’autres accusent les compagnies américaines de faire pression sur les gouvernements des pays étrangers pour servir les intérêts politiques et économiques des Etats-Unis plutôt que les intérêts locaux. De l’autre côté, beaucoup d’étrangers font bon accueil aux produits et à l’investissement américains comme moyen de relever leurs propres niveaux de vie. En injectant un nouveau capital dans d’autres secteurs de l’économie, les investisseurs américains peuvent mettre en action des forces impossible à prévoir. Quelques américains s’inquiètent du fait qu’en investissant à l’étranger, les milieux d’affaires américains entretiennent de futurs concurrents. Ils font remarquer que les politiques du gouvernement des Etats-Unis ont favorisé la résurgence économique du Japon après la seconde guerre mondiale et que les multinationales américaines partagèrent leur technologie et envoyèrent des experts pour enseigner aux Japonais diverses pratiques comme le contrôle de qualité, pratiques que les japonais ont depuis porté à des sommets nouveaux et hautement profitables.

La ratification de l’Accord sur le libre commerce en 1993, cependant, confirma la continuité de l’engagement américain à un commerce international robuste.

Les syndicats Ouvriers

Le système d’usines qui se développa aux alentours des années 1800 changea les conditions de travail de façon spectaculaire. L’employeur ne travailla plus côte à côte avec ses employés : il devint un dirigeant, par ailleurs, comme les machines prirent la relève des ouvriers dans l’exécution des travaux de fabrication, les ouvriers qualifiés se virent relégués au statut de travailleurs ordinaires. En temps difficiles, ils pouvaient même être remplacés par des nouveaux venus qui acceptent de plus bas salaires.

Comme le système d’usine se développait, les ouvriers se mirent à former des syndicats ouvriers pour protéger leurs intérêts. Le premier syndicat à tenir de réunions régulières et à percevoir des cotisations, fut organisé en 1792 par des fabricants de chaussures. Par la suite, les charpentiers et les ouvriers du cuir de Boston ainsi que des imprimeurs de New York organisèrent les leurs aussi. Les membres des syndicats trouvèrent un accord sur les salaires qu’ils pensèrent être justes, s’engagèrent à s’arrêter de travailler pour des employeurs qui payaient moins, et pressèrent les employeurs à n’embaucher que des membres de syndicats.

Les employeurs se battirent auprès des tribunaux lesquels généralement déclarèrent qu’une action concertée de la part des ouvriers était une conspiration illégale contre leur employeur et la communauté. Mais en 1842, la cour suprême du Massachusetts maintient qu’il n’était pas illégal de la part des ouvriers de s’engager de manière pacifique dans une activité syndicale. Cette déclaration fut largement acceptée et durant plusieurs années les syndicats n’eurent plus à s’inquiéter d’accusation de conspiration. Les syndicats étendirent leurs efforts au delà des questions salariales pour faire campagne pour une journée de travail de 10 heures et contre le travail des enfants. Plusieurs corps législatifs de l’Etat répondirent favorablement.

Combats et succès

Durant la période de forte croissance industrielle entre 1865 et 1900, la main d’œuvre se répandit énormément, notamment dans les industries lourdes. Mais les nouveaux ouvriers souffrirent par moments de la crise économique. Les grèves, parfois accompagnées de violence, devinrent courantes. Les pouvoirs législatifs de plusieurs Etats votèrent de nouvelles lois sur la conspiration dans le but de contrecarrer les mouvement des ouvriers. En réponse, les ouvriers mirent sur pied des organisations d’envergure nationale. Les Knights of Labor se développèrent jusqu’à atteindre un nombre d’adhérents de 150 000 dans les années 1880, puis s’effondrèrent vite quand les journaux décrivirent les Knights comme de dangereux radicaux. Plus persistante fut la fédération américaine des travailleurs (AFL), fondée en 1886 par Samuel Gompers, un dirigeant du syndicat des fabricants de cigares. Comprenant les syndicats des artisans et leurs membres, l’AFL avait grossi jusqu’à atteindre 1,75 millions de membres vers 1904, devenant ainsi l’organisation de travailleurs dominante des Etats-Unis.

A une époque où beaucoup d’ouvriers en Europe rejoignirent les syndicats révolutionnaires qui réclamaient l’abolition du capitalisme, la plupart des ouvriers américains suivirent l’exemple du Gompers qui chercha à octroyer aux ouvriers une plus grande part des richesses qu’ils contribuèrent à produire. Une alternative radicale fut offerte par les ouvriers industriels du monde ( IWW), un syndicat qui démarra en 1905 avec des représentants de 43 groupes en opposition avec les politiques de l’AFL. L’IWW exigea le renversement du capitalisme par l’intermédiaire des grèves, de boycotts et de sabotages. Il s’opposa à la participation des Etats-Unis à la première guerre mondiale et chercha à immobiliser la production de cuivre pendant la guerre. Après avoir atteint un pic de 100 000 membres en 1912, l’IWW avait presque disparu en 1925 à cause des poursuites judiciaires à l’encontre de ses dirigeants et d’un sentiment national en opposition au radicalisme durant et après la première guerre monde. Au début des années 1900, une alliance se constitua entre l’AFL et les représentants du Mouvement Progressiste Américain. Ensemble ils firent campagne pour les lois d’Etat et les lois fédérales pour aider les ouvriers. Leurs efforts aboutirent au vote des lois d’Etat interdisant le travail des enfants, limitant le nombre d’heures de travail imposées aux femmes et établissant des programmes de compensation en faveur des ouvriers victimes d’accidents de travail. Au niveau fédéral, le congrès vota des lois pour protéger les enfants, les employés des chemins de fer, les marins et mit sur pied le Département du Travail rattaché au Cabinet du Président. Durant la première guerre mondiale, les syndicats de travailleurs firent de grands progrès et vers le mois de janvier 1919, l’AFL enregistra plus de 3 millions de membres.

Panique rouge et grandes crises

Au début des années 1920, les organisations ouvrières semblèrent plus fortes que jamais. Mais la révolution communiste en Russie déclencha une « Panique Rouge », peur qu’une révolution pût aussi éclater aux Etats-Unis. Entre temps, des ouvriers de plusieurs parties du pays étaient en grève pour des salaires plus élevés. Quelques américains assurèrent que ces grèves étaient menées par des communistes et des anarchistes. Durant l’ère Progressiste, les américains avaient eu tendance à prendre en sympathie la cause ouvrière, mais à ce moment là, ils étaient hostiles à son égard. Une fois encore, les tribunaux restreignirent l’activité des syndicats.

Le pendule oscilla en arrière vers les syndicats durant la grande crise. Dans une partie de son New Deal, le président Franklin Roosevelt jura d’aider «l’homme oublié» : le fermier qui avait perdu sa terre ou bien l’ouvrier qui avait perdu son emploi. Le congrès garantit aux ouvriers le droit de faire partie des syndicats et de négocier collectivement, et mit sur pied le Conseil National pour les relations dans le monde du Travail pour régler les conflits entre syndicats et employeurs. Peu de temps après, les tensions au sein de l’AFL entre les artisans qualifiés et les ouvriers de l’industrie mena à la fondation d’une nouvelle organisation du travail, le Congrès des Organisations Industrielles (CIO). La nouvelle organisation se développa rapidement et vers la fin des années 1930 elle eut plus de membres que l’AFL

L’effet de la crise sur l’emploi ne s’arrêta pas jusqu’après l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale en 1941. Les usines eurent besoin de davantage d’ouvriers pour produire les avions, bateaux, armes et d’autres approvisionnement pour l’effort de guerre. Vers 1943, avec 15 millions d’hommes servant au sein des forces armées, les Etats-Unis connurent une pénurie de main d’œuvre, que les femmes furent encouragées à combler. Sous peu, un ouvrier sur quatre dans les usines de défense était une femme.

La main d’œuvre aujourd’hui

Après la guerre, une vague de grèves pour des salaires plus élevés balaya la nation. Les employeurs alléguèrent que les syndicats avaient trop de pouvoir, et le congrès leur donna raison. Il fit voter des lois proscrivant l’accord sur « les entreprises qui n’admettent que du personnel appartenant à certains syndicats », par lequel les employeurs furent sommés de n’embaucher que des membres de syndicats, et permirent aux Etats de décréter des lois « droit au travail », ce qui bannirent les accords sommant les ouvriers de faire partie d’un syndicat après avoir été embauchés. En 1955, l’AFL et le CIO fusionnèrent en une nouvelle organisation : l’AFL- CIO.

Au cours des récentes décennies il y a eu une diminution dans le pourcentage d’ouvriers qui font partie d’un syndicat. Parmi les raisons se trouvent le déclin des industries lourdes qui furent les citadelles du syndicalisme, et le remplacement régulier des travailleurs manuels par l’automation. Cependant, les organisations ouvrières demeurèrent une grande force dans l’économie et la politique des Etats-Unis, et les conditions de travail se sont régulièrement améliorées. Entre temps, la main d’œuvre comprend plus de femmes que jamais auparavant. Et bien que la semaine de travail en Amérique compte en principe entre 35 à 40 heures, il y a beaucoup de manquements aux normes : c’est le cas des gens travaillant à mi-temps ou en «horaire souple» (par exemple ceux qui travaillent durant quatre jours pendant disons, 10 heures par jour au lieu de 7 à 8 heures et prennent congé le cinquième jour) ou bien de ceux qui exercent des emplois à distance à partir de leur domicile au moyen de téléphone, ordinateur et fax.



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